Résultats de l’enquête de l’Université auprès de ses étudiants pendant le confinement

L’Université de Toulon a mené une enquête sur les conditions de vie et d’études de ses étudiants pendant le confinement du 22 avril au 11 mai 2020 avec son observatoire la Vie Étudiante.

Cette enquête poursuivait deux objectifs : évaluer les conditions de vie et d’études des étudiants « en confinement » d’une part et mesurer leurs besoins dans le cadre de la continuité pédagogique pour préparer les examens d’autre part. Au passage, cette enquête a permis d’apporter des informations utiles aux situations les plus urgentes (informations sur les aides d’urgence et les modalités d’y recourir).

Au total, 2296 étudiants ont répondu à l’enquête, soit un taux de réponse de 23% des inscrits présents sur le sol français à la date de l’enquête.

Les principaux résultats de cette enquête sont exposés ci-dessous.

La période de confinement a eu un impact psychologique important pour une grande majorité d’étudiants.

Une majorité des étudiants (45%) a difficilement supporté cette période contre 40% qui ont déclaré la vivre plutôt bien. 25% des étudiants se sentaient déprimés et 14% angoissés. Surtout, 32,5% des étudiants interrogés se sentaient exténués par la charge de travail liée au confinement dans un contexte de fortes incertitudes vis à vis des révisions et des modalités d’examens.

Le travail universitaire a été fortement perturbé durant le confinement

Les étudiants ont exprimé dans leur grande majorité à plus de 70% leur forte inquiétude vis à vis des examens. Ce ressenti était d’autant plus important que les nouvelles modalités d’examens étaient encore largement inconnues au moment de l’enquête. En conséquence, nombre d’étudiants ont été plongés dans un état de stress important et beaucoup ont éprouvé des difficultés à fournir le travail demandé.

Beaucoup d’épreuves terminales ont été remplacées par des travaux de substitution qui ont pu créer une surcharge de travail. Dans le contexte du confinement où il était parfois difficile de pouvoir s’isoler pour travailler sereinement à domicile, l’absence de consignes claires et le manque d’information ont perturbé les étudiants. S’ajoutaient à cela, pour une minorité d’étudiants, des difficultés d’accès à internet ou l’absence d’équipement informatique. On peut en conclure que les conditions d’études nécessaires à la réussite n’ont pas été pleinement remplies pendant le confinement pour une grande majorité d’étudiants, qui étaient 70% à se dire inquiets pour la réussite de leurs études.

Paroles d’étudiants :

« La période actuelle rend le travail pour ma part, très lourd. On nous a demandé des devoirs conséquents pour nos TD... »

« Les premières semaines j’étais submergé maintenant j’ai énormément de mal à me fixer un calendrier et rester concentré sur une tâche. »

« Difficulté de concilier vie familiale, confinement et travail supplémentaire... »

« Impossible de se concentrer, nous sommes trop dans un petit appart. »

« Submergé par la masse de devoir + problème informatique (un seul ordinateur pour deux). »

« Mauvaise connexion ainsi qu’un matériel informatique pas assez puissant... »

« Pas d’info pour certains partiels, absence de cours/TD pour des partiels maintenus, consignes pas claires, pas de réponse de certains enseignants, surcharge de travail dans certaines matières empêchant les révisions d’autres matières. »

« Je remercie très sincèrement tous les professeurs / enseignants / chercheurs et tous les employés de l’Université dans tous les domaines pour être autant à l’écoute et pour mettre en place autant de choses pour faciliter le travail et rendre plus facile la vie des étudiants qui se sentent submergés. »

Les problèmes matériels ou d’équipements informatiques ont été finalement mineurs

Près de 99% des étudiants ont déclaré avoir un matériel adapté pour suivre des cours à distance. Ce bon résultat est cependant à relativiser dans la mesure où les étudiants qui ont répondu à l’enquête en ligne sont probablement mieux équipés que ceux qui n’ont pas répondu au sondage. De plus, 17,6% des étudiants ont déclaré bénéficier d’une mauvaise qualité de connexion internet.

In fine, les problèmes d’équipement informatique ou de connexion ont quand même eu des conséquences dommageables pour 15% des étudiants.

Malgré ces déboires matériels ou de connexion, seulement 2% des étudiants interrogés estiment ne pas être en capacité de passer les examens à distance d’ici la fin de l’année universitaire et préféreraient passer la totalité des épreuves en septembre en présentiel. 12% sont moins catégoriques et envisagent de ne passer qu’une partie de épreuves à distance.

Des enseignements à distance plutôt appréciés

La période de confinement a permis d’expérimenter les différents supports et moyens de communication disponibles pour assurer, souvent dans l’urgence, des enseignements à distance.
De ce point de vue, les étudiants ont été globalement satisfaits de leurs expériences en distanciel : 68% des étudiants ont été satisfaits ou très satisfaits des cours en visioconférence, 67% ont été satisfaits des cours et des TP/TD via Moodle et 75% ont plébiscité les vidéos de cours. Les ressources en ligne mises à disposition ont satisfait 75% des étudiants.
68% des étudiants ont apprécié les moyens de communication avec leurs enseignants et 73% se déclarent satisfaits des supports de cours et de TP/TD.
Globalement, les étudiants déclarent à 72% être satisfaits de la disponibilité de leurs enseignants pendant cette période si particulière.

Les ressources des étudiants salariés ont été fortement touchées

L’impact du confinement a durement frappé les étudiants salariés dont les ressources financières étaient déjà fragiles avant cet événement. 18% des étudiants interrogés exerçaient une activité professionnelle en parallèle de leur formation avant le confinement. Il est à noter que cette proportion ne comprend pas les étudiants en stage, contrat d’apprentissage, contrat de professionnalisation ou thèse de doctorat.

Sur ces effectifs, un quart des étudiants se sont retrouvés très vite sans ressource financière et sans indemnisation, un autre quart a été mis en chômage partiel par leur employeur et 42% ont pu continuer à travailler en télétravail ou en présentiel. Seulement 1,5% des étudiants salariés ont été placés en ASA (autorisation spéciale d’absence pour raison familiale ou sanitaire).

Parmi les étudiants « empêchés » de travailler et sans ressource (26% des étudiants en activité), seulement 5% avaient sollicité une aide financière d’urgence telle que celle mise en place à l’université et 11 % envisageaient de le faire grâce au questionnaire.

Les stages ont été également fortement perturbés, très peu ont pu être validés durant le confinement

Le confinement a eu un impact très fort sur les stages. 36% des répondants à l’enquête avaient un stage obligatoire prévu dans leur formation cette année.

La période de confinement a affecté diversement leur situation. 24% des étudiants avaient déjà terminé leur stage ou ont vu leur stage interrompu mais néanmoins validé contre 28% qui n’ont malheureusement pas pu commencer leur stage et qui ont vu leur stage annulé. 18% des stages ont été décalés ou reportés à une date ultérieure. 15% des stagiaires ont pu continuer leur stage en télétravail. 13% des étudiants étaient dans l’expectative dont 5% qui n’avaient plus de nouvelles de leur organisme d’accueil et 9% qui attendaient encore la décision de leur responsable pédagogique au moment de l’enquête.