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Dominique, étudiante québécoise en double cursus à l’UTLN



A 21 ans, Dominique Paquin-Raymond a décidé de quitter son Québec natal pour étudier six mois à l’Université de Toulon (UTLN). Profiter de sa jeunesse pour quitter « sa zone de confort » et en apprendre plus sur les autres, sur elle-même. Sans regret.

UTLN : Quelle filière suivez-vous ?

En fait, je fais un double cursus : à l’UFR Ingémédia, je suis en master 1 information et communication, tandis qu’à l’IUT Métiers du Multimédia et de l’Internet (MMI) je suis en licence professionnelle Communication et Valorisation de la Création Artistique (CVCA). Un des avantages c’est de pouvoir assister uniquement aux cours qui m’intéressent, ceux qui correspondent le plus à ma formation au Québec. Par contre, il me faut bien gérer mon temps puisque, parfois, j’ai des cours aux mêmes heures. Et bien que je passe les mêmes examens que tout le monde, c’est bien le diplôme québécois que je valide. Pas le diplôme français.

UTLN : Le rythme des cours est-il différent ?

Mes journées sont un peu plus chargées. Typiquement, je commence à 8h et je finis à 17h. Au Québec, nous avons moins d’heures de cours mais plus de travail à la maison. Ici il y a peu de devoirs.

UTLN : Pourquoi êtes-vous venue étudier en France ?

Mon université en Abitibi-Témiscamingue (UQAT)1 reçoit beaucoup d’étudiants français. A force de les côtoyer, j’ai eu envie de partir à mon tour, de sortir de ma « zone de confort ». J’habite depuis toujours dans la même région et côtoie les mêmes personnes depuis dix ans… Ce que je voulais c’était en apprendre plus sur moi-même. Découvrir une autre culture. Si j’ai choisi la France, c’est autant parce que l’Europe m’a toujours fait rêver que pour la facilité de la langue… C’est un mythe de croire que les Québécois parlent bien anglais. En tous cas, les autres se débrouillent peut-être bien mais pas moi (rire).

UTLN : Comment avez-vous connu l’Université de Toulon ?

L’UQAT a un partenariat avec l’UFR Ingémédia depuis plusieurs années, côté enseignants. Il y a deux ans environ, j’ai pu en rencontrer dans le cadre du concours RUN2 qui avait lieu en Chine. Les étudiants qui y participaient m’ont fait bonne impression. C’est ce qui m’a poussé à venir ici plutôt que dans une autre université française. Je suis la première de l’UQAT ! Un peu un cobaye…

UTLN : Comment s’est déroulée votre arrivée ?

J’avais une chambre réservée en résidence universitaire mais j’ai découvert que pour y accéder, il fallait une caution signée par un ressortissant européen. Sur le coup je ne connaissais personne. Heureusement, j’ai été hébergée par un autre québécois le temps que le problème soit résolu. Et puis, l’UFR Ingémédia m’a bien aidée. Par exemple le directeur adjoint, Sami Ben Amor, n’a pas hésité à prendre une demi-journée pour s’assurer que j’obtienne ma chambre. Avec le secrétariat, ils ont fait de nombreuses démarches pour faciliter mon intégration. Le service des relations internationales (SRI) m’a également beaucoup aidé dans mes démarches administratives. Les membres n’hésitent jamais à prendre de vos nouvelles, savoir si tout va bien pour nous. C’est rassurant.

UTLN : On a connu entrée en matière plus facile…

J’ai été étonnée de la rigidité de la bureaucratie française. Mais on s’y habitue. Je ne me suis pas préoccupée du fait que cela allait être différent du Québec, du coup, je ne me suis pas préparée autant que je ne l’aurais dû. Après tout n’a pas été noir : comme je suis arrivée une semaine avant le début des cours, j’en ai profité pour découvrir les alentours : les îles de Porquerolles, Cassis… J’ai été séduite par le sud. Voir les plages et les palmiers ; c’était comme être au paradis. Surtout en ce moment. Je sais qu’il fait -15°C chez moi alors que la semaine dernière, il a fait 20°C. Alors j’envoie des photos à ma famille et amis pour les faire saliver (rire).

UTLN : Que faîtes-vous le week-end ?

J’habite en centre-ville de Toulon. Alors, quand il fait bon, je marche dans ces ruelles typiques du sud de la France, je vais au marché provençal, sur le port, près de la place de Liberté ou de l’opéra... Je suis contente d’habiter de ce côté-ci de la ville parce que chez nous, l’architecture est plus constituée de tours industrielles. Le vieux Toulon, c’est l’image que je me faisais de la France avec les vieilles bâtisses, les petites ruelles serrées. C’est très beau et bien différent du Québec. Et puis j’en profite pour voyager. L’Europe est toute petite, tout est à proximité. Je suis déjà allée en Allemagne et en Italie. Là, je prépare un voyage en Espagne.

UTLN : Qu’est-ce qui vous a le plus surpris à Toulon ?

Je n’ai pas spécialement ressenti dans mon entourage ces gros clichés qui sont véhiculés sur les Français. Je trouve que vous vous intéressez beaucoup aux autres. Je me suis facilement fait des amis et aucun ne portent ni béret ni baguette sous le bras ! Pas plus que nous portons tous un bonnet en poils et une hache. Par contre, les différences d’expressions nous font toujours rire. C’est un sujet qui ne s’épuise pas.

UTLN : Quand repartez-vous ?

Je repars fin mars, terminer mon année par un stage en entreprise. Ca fait partie de la formation. Au Québec, ce n’est pas systématique. Il faut se prévaloir d’une certaine moyenne, plutôt haute, pour en effectuer un. Mais ici, en France, je peux suivre un stage quelque soit mes résultats. C’est vraiment une chance parce que cela pourrait déboucher sur un emploi ou, au moins, sur une expérience professionnelle reconnue.

UTLN : Qu’est-ce qui vous manquera le plus ?

Le saucisson et le camembert ! Ca coûte tellement cher chez moi, ici j’en mange tout le temps. Et puis la chaleur, les palmiers, les plages… L’ambiance que l’on retrouve dans les rues. Le rythme des toulonnais, très posé… Les Québécois sont très toniques, j’ai l’impression que nous profitons moins de la vie. Ici, quand vous êtes en retard de 10 minutes, en fait, vous n’êtes pas vraiment en retard.

1 L’Abitibi-Témiscamingue est une région administrative de l’Ouest du Québec
2 RUN : Réseau international Universitaire de création Numérique. Les rencontres annuelles du concours RUN visent à créer des échanges entre étudiants, enseignants et universités membres du réseau, un partage de connaissances du numérique et du multimédia. Ils viennent de France, de Chine, du Canada, du Brésil, de Tunisie, de Magadascar…



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