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L’Université de Toulon et le CHITS révolutionnent le diagnostic de l’apnée du sommeil



En collaboration avec des médecins de l’hôpital Sainte-Musse à Toulon, Jean-Marc Ginoux, enseignant-chercheur à l’Université de Toulon, et ses collègues ont mis au point un appareil de détection sans contact des apnées du sommeil ainsi qu’un nouvel indicateur de la fragmentation du sommeil, plus fiable. Une aide au diagnostic indéniable.

Les apnées du sommeil concernent 2 millions de personnes en France et peuvent avoir des conséquences graves sur la santé : risques d’AVC, hypertension artérielle, diabète, perte de mémoire, diminution des capacités cognitives, troubles de la concentration ou endormissements diurnes. Les personnes qui en sont atteintes ont, par exemple, six fois plus de chances d’avoir un accident de la route.

La révolution « sans contact »

Pour détecter le nombre d’apnées du sommeil, les médecins utilisent un polygraphe ventilatoire ou un polysomnographe. Ces appareils sont constitués de capteurs ventilatoires (sangles thoraco-abdominales, saturomètre, capteur de position et une canule nasale, qui permet la détection des flux respiratoires) et de capteurs neurologiques (électroencéphalogramme) dont les signaux sont enregistrés dans un boîtier plastronné sur le patient.

« Dans le cas de patients enrhumés, la canule nasale est innopérante. Nous sommes donc obligés de reporter l’examen », déplore le Docteur D’Amore, pneumologue au laboratoire du sommeil du Centre Hospitalier Intercommunal Toulon – La Seyne (CHITS) Sainte-Musse.

Avec l’aide de spécialistes du CHITS, le Docteur Jean-Marc Ginoux, enseignant-chercheur à l’Université de Toulon qui travaille au sein de l’équipe de recherche Signal et Image du laboratoire LSIS – sous la responsabilité du Professeur Eric Moreau, directeur de l’école d’ingénieurs SeaTech – et ses collègues Philippe Arlotto (laboratoire PROTEE - Département GEII de l’IUT), Michel Grimaldi (laboratoire PROTEE - Département GEII de l’IUT) et Roomila Naeck ont mis au point un tout nouvel appareil de détection « sans contact » des apnées du sommeil. Composé de capteurs à ultrasons agencés en arc de cercle au dessus du lit, ce dispositif innovant permet non seulement de s’affranchir de l’inconfort des canules nasales mais également d’enregistrer la respiration buccale des enfants et des patients enrhumés ou trachéotomisés. Ou encore des adolescents obèses qui souffrent de plus en plus du syndrome d’apnées. Fonctionnant comme un « doppler respiratoire », il détecte autant d’apnées que les appareils actuels.

Evaluer le niveau de fragmentation du sommeil

Grâce au Dr. D’Amore, l’équipe Signal-Images du LSIS a pu également travailler avec le Docteur Marie-Françoise Matéo-Champion, neurophysiologiste et responsable du laboratoire du sommeil au CHITS. Ensemble, ils ont développé un nouvel indicateur – appelé Indice de Diversité du Sommeil (IDS) - permettant d’évaluer de façon quantitative la fragmentation du sommeil.

« Depuis de nombreuses années, différents indices permettant d’évaluer la fragmentation du sommeil ont été proposés. Mais aucun d’entre eux ne fournissait le seuil à partir duquel le sommeil peut être considéré comme fragmenté. Ils n’en donnaient qu’une valeur relative, explique Jean-Marc Ginoux. Si l’on vous informe que vous avez une glycémie égale à 3 g/L mais que vous ignorez qu’elle est considérée comme normale autour de 1 g/L cela ne vous donne aucune indication sur votre état ».

En s’appuyant sur une étude réalisée par le Docteur Matéo-Champion, en collaboration avec l’Institut de Recherches Biomédicales des Armées (IRBA), les recherches du LSIS ont permis de fournir la valeur du seuil à partir duquel le sommeil peut être considéré comme fragmenté. L’IDS conçu par Jean-Marc Ginoux et ses collègues a depuis été automatisé par la création d’un programme et implémenté dans le logiciel des ordinateurs du laboratoire de sommeil du CHITS. Fournissant ainsi aux praticiens hospitaliers une aide au diagnostic.

Le programme a été mis en ligne gratuitement (http://lsis-sdic-01.lsis.org/sdic/), à disposition des médecins du monde entier. Des protocoles de recherches sont actuellement en cours en collaboration avec les CHU de Poitiers et Dijon.
L’appareil sans contact a quant à lui fait l’objet d’un dépôt de brevet français et européen. L’équipe Signal et Image est aujourd’hui à la recherche d’investisseurs souhaitant le développer.

Grâce à l’initiative du Professeur Moreau, les axes de recherches du Docteur Jean-Marc Ginoux et de ses collègues initiés en 2011, ont permis de tisser des liens entre les praticiens hospitaliers du CHITS et les chercheurs du LSIS. Ces derniers seront bientôt formalisés par la signature d’un « accord-cadre » entre l’hôpital Sainte-Musse et l’Université de Toulon permettant à l’ensemble des laboratoires universitaires d’ouvrir de nouveaux axes de recherche.



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