Étudiants et enseignants de l’UTLN accompagnent les enfants polyhandicapés

Depuis deux ans, enseignants et étudiants de l’IUT GEII développent de nouveaux systèmes de communication pour enfants polyhandicapés. Des appareils utilisés aujourd’hui par les personnels de l’ADAPEI du Var.

Édité le 25 mars dernier, le livre blanc de l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei) « pour garantir et développer un accompagnement adapté » aux personnes polyhandicapées préconise, notamment, de « revisiter les dispositifs de recueil de la volonté des personnes, en y introduisant davantage de collégialité » afin d’éviter « les risques de surinterprétation, de détournement et la dépendance des personnes touchées par de multiples handicaps ».
Une démarche qu’avait déjà entreprise le Professeur Patrick Abellard, enseignant au département Génie Electrique et Informatique Industrielle (GEII) de l’IUT, chercheur au laboratoire I3M et responsable de la Mission Handicap de l’Université de Toulon (UTLN).

Retrouver une forme d’indépendance

Depuis deux ans, il recense les moyens dont disposent les enfants et adolescents polyhandicapés pour entrer en relation avec leur entourage, analyse le mouvement des membres, de la tête et du regard. Il travaille avec les professionnels des établissements « Les Myosotis » et « Bel-Air » de l’ADAPEI du Var (Pôle Enfance) dans le but d’élaborer des systèmes innovants de communication non verbale.

Sous sa direction, plusieurs interfaces ont été réalisées cette année, par des étudiants de l’IUT GEII en projets tutorés ou en stage au laboratoire I3M de l’UTLN. Comme par exemple ce plateau tournant désignateur pensé pour ceux qui ne peuvent bouger qu’un seul bras. Chaque passage devant un capteur lumineux fait pivoter le plateau qui laisse apparaître une nouvelle image. Celle-ci désigne un besoin simple : manger, dormir, boire, aller aux toilettes… L’enfant exprime ainsi facilement un sentiment ou un besoin que l’on ne pouvait que deviner auparavant.

Dans le même esprit, les étudiants ont mis au point un étendoir-désignateur commandé par le bout des doigts, une synthèse vocale commandée par des mouvements de tête et optimisé l’ergonomie d’un désignateur GoTalk.

« Quand on cumule les handicaps, on ne peut rien faire seul, on ne peut rien décider seul. Ces appareils permettent non seulement aux enfants de retrouver une forme d’indépendance mais soulage également leurs parents en les aidant à mieux les comprendre. Ils détendent les rapports », assure le Professeur Patrick Abellard.

Si d’autres appareils verront le jour d’ici la fin du mois de juin, le laboratoire I3M et les étudiants ont surtout développé, en collaboration avec une thérapeute de l’ADAPEI, un désignateur innovant qui fait l’objet d’un dépôt de brevet.

Des nouveautés à venir

Baptisé Com’Handi, ce projet a reçu le prix Espoir de l’innovation 2015 au Concours Var Terre d’Innovation organisé par le Conseil Départemental. Ces appareils - d’ores et déjà utilisés par des enfants suivis par le Pôle Enfance de l’ADAPEI du Var - seront bientôt présentés à la conférence Handicap 2016 qui se tiendra à Paris du 8 au 10 juin.

Ces travaux seront poursuivis à la prochaine rentrée universitaire. Des interfaces matérielles et des Serious Games sont actuellement en cours de finalisation. Ils permettront aux enfants d’être immergés dans des environnements de réalité virtuelle afin d’évoluer sans danger pour eux-mêmes et leur entourage. Ces jeux à vocation thérapeutique constitueront la base de la réalisation d’un outil de recherche, d’analyse et de quantification pour les équipes d’accompagnement (médecin, psychiatre, psychologue, orthophoniste, psychomotricien, rééducateur….) de différents établissements œuvrant dans le champ du handicap pour les enfants et adolescents (ADAPEI) et de la rééducation pour adultes (Clinique d’Aubagne).