Jean-Louis Jamet : un chercheur à bord de Tara

Jean-Louis Jamet, membre de l’équipe Écologie et Biologie Marines du laboratoire PROTEE, a passé plusieurs jours à bord de la goélette Tara, en tant que chef de mission scientifique à bord, entre Toulon et Nice.
Une aventure humaine en Méditerranée, au service de la recherche et de l’environnement.

Quelques semaines après son retour à l’Université de Toulon, Jean-Louis Jamet a retrouvé le pied terrestre mais a « toujours la tête ailleurs ». Du 29 mai au 10 juin 2014, il a participé à la mission Tara Méditerranée, en tant que chef de mission scientifique, entre Toulon et Nice. Un rôle qu’il avait déjà joué en 2010, dans le cadre l’expédition Tara Océans, sur le leg Île de l’Ascension – Rio de Janeiro.

Le trajet effectué par Jean-Louis Jamet :

  • du 29 mai au 3 juin : Toulon – Les Embiez
  • 3 juin : Les Embiez – Port Cros
  • 4 juin : Port Cros – Îles Lérins
  • 5 juin : Îles Lérins – Villefranche-sur-mer
  • du 6 au 10 juin : Villefranche-Nice, en passant par Imperia (Italie) et la bouée Dyfamed

Depuis 2003, Tara Expéditions organise des missions scientifiques et éducatives avec la goélette Tara, un voilier de 36 mètres de long, sur les thèmes de l’océan et du changement climatique. Jusqu’au mois de novembre, elle effectue cette nouvelle expédition de sept mois en Méditerranée, pour étudier l’influence du plastique sur la biodiversité, sous la direction scientifique de Gaby Gorsky, directeur de l’Observatoire océanologique de Villefranche-sur-mer (CNRS / Université Pierre-et-Marie-Curie).

Communauté planctonique et filet manta

Membre de l’équipe Écologie et Biologie Marines du laboratoire PROTEE, Jean-Louis Jamet étudie l’impact des micro-plastiques sur la biodiversité et le fonctionnement des communautés planctoniques :

« Les planctons sont les moteurs biologiques du fonctionnement des océans, à la base de la chaîne alimentaire marine. Par bioaccumulation1, les micro-plastiques qu’ils ingèrent peuvent se retrouver à des niveaux supérieurs, en particulier chez l’homme », détaille le chercheur toulonnais.

Comme lors de l’expédition Tara Océans, Jean-Louis Jamet a donc réalisé jour et nuit 25 prélèvements « très concluants », avance-t-il, au moyen du filet collecteur manta, dont la forme rappelle la célèbre raie. Ils seront ensuite analysés dans différents laboratoires américains et français (dont PROTEE) en fonction de leurs compétences.

En accord avec le capitaine

En tant que chef de mission à bord, Jean-Louis Jamet a dirigé les opérations d’échantillonnage à bord de la goélette, en lien avec les scientifiques à terre et ceux embarqués, au nombre de trois. Un travail qui nécessitait aussi de s’accorder avec Gaby Gorsky à terre et le capitaine du bateau, comme l’explique ce dernier, Samuel Audrain : « 

En fonction du prélèvement que souhaite effectuer le chef de mission, je lui dis si c’est envisageable selon les conditions de navigation par exemple. »


Si le capitaine reconnaît l’intérêt pour les cinq marins de collaborer avec les scientifiques, il rappelle que l’investissement de ces derniers dépasse largement le domaine de la recherche, puisque tous participent aux taches quotidiennes à bord.

D’autres chercheurs de l’UTLN prennent part à cette aventure.

Ainsi, l’équipe Dynamique de l’Information du Laboratoire des Sciences de l’Information et des Systèmes (LSIS) a un protocole scientifique avec Tara sur son périple méditerranéen : un projet d’acquisition et de traitement de signaux bioacoustiques sous-marins, piloté par Hervé Glotin. Il permettra la classification des espèces de cétacés détectées à plusieurs kilomètres, l’analyse de leur comportement pour les grands sondeurs, l’analyse de leur forme de nage et la détermination de leur taille.

1 Capacité de certains organismes à concentrer certaines substances chimiques.