Quatre équipages SeaTech au départ du 4L Trophy

Cette année, quatre équipages issus de l’école d’ingénieurs Seatech ont pris le départ du 18e raid 4L Trophy. Une course épique autant qu’une aventure humaine, sportive et solidaire.

Ils s’étaient donné rendez-vous au pied de l’olivier Seatech, ce mardi matin, pour un départ symbolique à destination des contrées sauvages du Maroc. Entourés de leurs camarades de promotion et de leurs professeurs, Guénolé et Mathieu, Damien et Marjorie, Julien et Stéphane (alias Marek et Jacky) ainsi que Pierre et sa sœur Alice, étudiante à l’école ISMaPP* à Paris, vérifient une dernière fois leur matériel, prennent la pose devant leur smartphone et procèdent à quelques réglages de moteur. Un petit coup sur le côté du capot pour le fermer et les voitures sont prêtes.

« Nous avons hâte de découvrir le pays, l’ambiance de la course et les 4L décorées, expliquent-ils. Le 4L Trophy, c’est le plus gros rassemblement étudiant de France ».


Pour cette 18e édition, 1159 voitures se sont retrouvées sur la ligne de départ. Alors pour se démarquer au milieu des véhicules bigarrés et des looks fantaisistes, les futurs ingénieurs ont équipé leur bolide d’une sirène assourdissante et d’un gyrophare. Ambiance…

Rude épreuve

Bientôt dix mois que la plupart d’entre eux se préparent pour cette course. De Biarritz à Marrakech en passant par Algésiras et Tanger, les quatre équipages ont dix jours pour parcourir plus de 6000 km (du 19 février au 1er mars).

« C’est avant tout une course d’orientation, rappelle Alice. Le but, dans le désert, c’est de parcourir le moins de kilomètres possible ».

Qu’importe le classement, l’objectif est de franchir la ligne. Et ce ne sera pas chose facile. Les casses mécaniques sont inévitables, l’embourbement dans le sable prévisible, le froid, la faim, la fatigue… des éléments avec lesquels il faudra composer.

« Nous avons beaucoup discuté avec les anciens participants de l’association Seatech’4L. Ils nous ont donné de précieux conseils, expliquent-ils. Comme prendre des vêtements chauds parce que nous allons aussi franchir des cols à 3000 m. Et manger dans des stations essence : c’est bon, pas cher et cela permet d’éviter des déconvenues… gastriques ».

En quête de sponsors

Première difficulté à surmonter : réparer leur 4L vieillissante alors que beaucoup d’entre eux n’avaient que des connaissances rudimentaires en mécanique.

« Ce n’est pas si compliqué : ce n’est pas une voiture récente. Il n’y a pas d’électronique, relativisent-ils. Ce qui a été le plus long à mettre en place, c’est la recherche de sponsors. Au début, on ne sait pas à qui s’adresser et les grosses entreprises sont souvent injoignables. Mieux vaut se tourner vers de jeunes entrepreneurs ou vers les PME qui sont plus en quête de visibilité ».

Entre l’achat, les réparations et l’assurance du véhicule, l’inscription au raid, l’essence, les péages, l’achat de fournitures scolaires et les imprévus, le coût pour une participation au 4L Trophy s’élève à près de 8 250 euros par équipage. L’Université de Toulon et Seatech ont attribué une subvention pour l’ensemble des équipages - respectivement de 6 000 et 2 500 euros – afin de boucler leur budget.

A Biarritz, les 4L ont toutes passé le contrôle technique avec succès. La pression est retombée d’un cran… jusqu’à ce que Jacky s’aperçoive qu’il avait oublié son passeport dans le photocopieur de l’école. Pas le temps de souffler, il a fallu s’organiser pour recevoir dans les temps, par portage express, le précieux « laisser-passer ».

Solidaires

Plus qu’une compétition sportive, le 4L Trophy est avant tout une aventure humaine faite de galères et d’euphories. D’entraide entre concurrents mais pas seulement.

« Au Maroc, la moindre personne qui a des connaissances mécaniques attend sur le bord de la route avec sa caisse à outils », assurent-ils.

Arrivés à Marrakech, harassés par les épreuves, les nuits blanches, la chaleur, les dunes de sables et les montagnes enneigées, les variations de températures qui accompagnent des paysages aussi merveilleux que changeants, les trophistes remettront du matériel et des fournitures scolaires embarqués.
Depuis dix ans, le 4L Trophy s’engage aux côtés de l’association « Enfants du désert » dont l’objectif est de scolariser plus de 25 000 enfants dans de bonnes conditions. Chaque année, plusieurs tonnes de matériel scolaire sont ainsi acheminées et distribuées aux enfants défavorisés. Un grand moment d’émotion qui promet de tirer à certains quelques larmes de joie.

* Institut Supérieur du Management Public et Politique