SeaTech : les 3e années se prennent au jeu

Les élèves de troisième année ont participé début février à un jeu d’entreprise. Une simulation devant permettre aux futurs ingénieurs de mieux comprendre les enjeux socioéconomiques globaux.

L’idée est venue à la suite d’échanges avec les partenaires industriels de l’école d’ingénieurs SeaTech et d’anciens élèves aujourd’hui en poste. Durant une semaine, les 78 élèves de troisième année se sont livrés à un petit jeu de gestion d’entreprise. Chacun des 11 groupes constitués, tous parcours confondus, s’est vu remettre le même cahier des charges avec pour objectif de créer et faire évoluer son entreprise spécialisée dans le nautique sur un marché concurrentiel B to B.

" L’idée c’est qu’ils mobilisent tout ce qu’ils ont appris durant leurs cours de gestion, comptabilité, finance, logistique, production, négociation, management, marketing, droit, anglais… explique Maëlle Georges, responsable Sciences Humaines et Sociales à SeaTech. Mais également de leur faire comprendre que toutes les décisions qu’ils prendront auront des répercussions dans toute la chaîne de fonctionnement de l’entreprise, quelque soit leur échelon dans la hiérarchie. Ils ne doivent pas voir les choses seulement d’un point de vue technique mais également apprendre à communiquer avec les différents services et maîtriser leur vocabulaire. "

Chaque journée préfigure un trimestre. Les élèves doivent adapter leur stratégie d’entreprise en fonction des données du marché, de documents fournis et de challenges préétablis au début du jeu. Cette année, les apprentis entrepreneurs ont notamment dû faire face à un concurrent asiatique ayant usurpé leur nom de marque pour distribuer des produits contrefaits. À ces temps forts, la responsable SHS ajoute des challenges complémentaires en fonction de données que ses étudiants n’auraient pas pris en compte dans leur projet de développement.

Réagir vite et bien

Mercredi matin, au deuxième étage du bâtiment X, trois élèves s’arrachent les cheveux sur des documents administratifs.

" Nous sommes en train de tenir nos comptes pour comprendre où l’on perd de l’argent mais nous ne sommes pas habitués à lire et analyser ce type de documents. Certaines lignes sont parfois abscondes ", grimace Maxime.

Perrine et lui ne faisaient initialement pas partie de la même équipe que Guillaume mais ils ont décidé de regrouper leurs forces en réalisant une fusion.

" C’est la solution que nous avons trouvée face à un problème de marché asymétrique, arguent-ils. Toutes les entreprises créées ont choisi le secteur du luxe sauf une qui a fait le pari du low cost. La concurrence a tiré les prix vers le bas face à la trop grande production de bateau de luxe et cela nous menaçait. Il fallait changer de marché ".

En rapprochant leur structure, le premier groupe a pu écouler plus facilement ses coques de bateau par le biais du second groupe positionné sur un marché moins étriqué.

Alors qu’ils doivent encore peaufiner leur projet de fusion, un nouvel évènement vient " pimenter " l’expérience. Une association dénonce l’exploitation du personnel administratif dans le secteur nautique et lance une campagne virulente sur les réseaux sociaux, un préavis de grève est déposé par la CGT et le ministre de l’Économie décide de visiter une entreprise pour se rendre compte de la situation. L’image du secteur se dégrade auprès de l’opinion publique. Un impact sur les prévisions trimestrielles est attendu. Il faut réagir d’autant plus vite et astucieusement que les membres du groupe chargés du développement web n’ont pas encore finalisé la conception du site.

" C’est une semaine intense, on ne chôme pas, reconnaît Guillaume. On voit des problèmes auxquels nous ne sommes habituellement pas confrontés, c’est une expérience complète ".

Après mûre réflexion, les deux groupes décident de contenter les syndicats en embauchant du personnel supplémentaire. La prise en charge de leur salaire ne représentant qu’un pourcentage infime sur le budget global de l’entreprise.

" En France, nous avons de bons ingénieurs d’un point de vue technique mais ce que veulent les entreprises aujourd’hui ce sont aussi des personnes capables d’évoluer, de prendre en charge des équipes, de faire du management, souligne Maëlle Georges. Ce qui fera la différence lors du recrutement, c’est leur capacité à appréhender les enjeux globaux. "