Marion Dusart : Une étudiante de l’UFR STAPS portée par les vents.

Pour la première fois de sa carrière, Marion Dusart est vice-championne de France de windsurf. En parallèle, elle tente de décrocher une seconde licence en vue d’ouvrir un club de planche à voile.

Elle a des cheveux bruns mi-longs, des yeux verts, une moue rieuse lorsqu’elle n’est pas pétrifiée par notre objectif et un petit accent qui ne laisse aucune place au doute. Bien qu’elle vive dans la région depuis plus de dix ans, Marion Dusart conserve un lien inoxydable avec son Nord-Pas-de-Calais natal. Si la jeune femme a vu le jour dans une famille de windsurfeurs amateurs mais totalement accros, elle s’adonnait plus volontiers à la natation et au tennis.

« Faire de la planche à voile dans l’eau froide ne me tentait pas du tout. Même le contact du sable me déplaisait », se souvient aujourd’hui l’étudiante toulonnaise. « Il a fallu que nous déménagions à Aix-en-Provence pour que je m’y mette »


La sensation de liberté, les vagues d’adrénaline et l’impression de voler au-dessus de l’eau font faire naître en elle une passion.
Aujourd’hui reconnue sportive de haut niveau, Marion vient de décrocher un premier titre de vice-championne de France de funboard, après être montée trois années de suite sur la dernière marche du podium.

Les études sont primordiales

Exploit d’une sportive dont la discipline manque cruellement d’infrastructures et reste perçue comme un sport de plage.

« Avant j’étais licenciée à Marignane mais j’étais la seule fille à vouloir m’engager aux championnats du monde, regrette-t-elle. Alors je suis venue à Hyères pour être coachée par Bernard Laffont - un des trois meilleurs entraîneurs de France - et m’entraîner aux côtés de Fanny Aubet, une des top mondiales de la discipline. »


Malheureusement pour Marion, tous deux quitteront rapidement le club hyérois. Aujourd’hui sans coach, elle s’astreint à une discipline de fer, surfant intensivement deux à trois heures de suite, chaque fois que le vent souffle.

« Les entraînements s’organisent en fonction des conditions climatiques. Ce n’est pas toujours évident parce que cela m’oblige parfois à faire un choix entre le windsurf et mes études, avoue la championne. Je peux faire l’impasse sur quelques cours d’anglais mais pas sur la physiologie. Les études sont primordiales parce que je ne peux pas vivre de ma passion. La planche à voile est trop peu sponsorisée ».


Au point que les sportifs prennent en charge totalement leur frais de déplacement, la communication, la recherche de financements… Des activités forcément chronophages. Heureusement, dans le cadre de la charte sportifs de haut niveau (SHN) en vigueur à l’UTLN, l’UFR STAPS permet à ses étudiants reconnus SHN de concentrer l’ensemble de leurs examens sur une seule semaine. Intense psychologiquement.

Ouvrir un club de voile

Diplômée d’une licence Activité Physique Adaptée et Santé (APAS) l’année dernière, Marion veut également décrocher la licence Entraînement, indispensable pour monter son projet de club de planche à voile ouvert à tous. Notamment aux personnes handicapées. « Ça n’existe nulle part », soutient-elle. Avec un ami, elle travaille à l’élaboration d’une planche adaptée aux personnes en situation de handicap. Des contacts ont déjà été pris en Espagne, et l’hôpital René Sabran, à Hyères, spécialisé dans la rééducation des accidentés de la route, semble intéressé.

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