Covid-19 : L’Université de Toulon se penche sur le cas des patients présentant des séquelles physiques et psychologiques

Le laboratoire IAPS mène une étude comparative entre réhabilitation respiratoire classique et télé-réhabilitation sur des patients touchés par la Covid-19. Les résultats permettront notamment d’améliorer leur prise en charge en adaptant les protocoles de soins selon les profils.

Hospitalisés ou non, certains patients touchés par la Covid-19 présentent encore, après la phase aigüe de l’infection, des troubles physiques ou psychologiques comme de la dyspnée, une intolérance à l’effort ou une fatigue anormale, de l’anxiété, voire de la dépression. Des séquelles systémiques ont également été observées au niveau pulmonaire, cardiaque, hépatique, rénal, nerveux ou du système immunitaire. Ces symptômes qui sont classiquement décrits lors de l’évolution de certaines maladies respiratoires chroniques peuvent être améliorés grâce à un programme de réhabilitation respiratoire.

Le respect des règles de distanciation et des gestes barrières limite cependant le nombre de places disponibles dans les établissements de Soins de Suite et Réadaptation.

"Cela peut provoquer un engorgement dans les centres de réhabilitation qui est préjudiciable autant aux « patients post-Covid » qu’aux patients habituellement accueillis dans ces centres comme ceux atteints de mucoviscidose ou de BPCO", constate Jean-Marc Vallier, Professeur des universités à l’UFR Staps et chercheur au laboratoire Impact de l’Activité Physique sur la Santé (IAPS) de l’Université de Toulon. "En lançant une étude comparative entre la réhabilitation classique et la réhabilitation en télémédecine, nous souhaitons évaluer l’efficacité réelle de ce type de protocole de réhabilitation à distance pour laquelle le patient reste à son domicile. Nous allons également déterminer le profil des patients pour lesquels la télé-réhabilitation sera efficace et le profil de ceux pour lesquels une réhabilitation respiratoire en hospitalisation classique sera préférable"

Projet labellisé par l’ANR

Rehab-Covid-19 vise à vérifier l’hypothèse selon laquelle la réhabilitation respiratoire en télémédecine est aussi efficace que la réhabilitation respiratoire traditionnelle. Permettant ainsi de donner un accès plus important aux patients atteints de détresse respiratoire tout en limitant les flux dans les établissements de santé et la propagation du virus.

Une centaine de patients du Var et des environs ont été sélectionnés et inclus dans l’étude par le Médecin en chef Nicolas, professeur agrégé du Val de Grâce et le médecin principal Antoine-Raphaël, tous deux pneumologues du service de pneumologie de l’Hôpital d’Instruction des armées (HIA) Sainte-Anne de Toulon. Ils suivront un programme de quatre semaines entre janvier 2021 et septembre 2021. La moitié sera coachée par le Dr Simon et le Pr Vallier au sein du service des maladies respiratoires de l’Hôpital Renée-Sabran de Hyères. L’autre moitié sera suivie à distance par des médecins, des coachs sportifs et un étudiant en Master 2 APAS (Activité Physique et Adaptée et Santé) de l’UTLN.

Une partie des exercices seront communs aux deux groupes et diffusés en ligne tandis que d’autres seront individualisés et adaptés aux conditions de pratique sportive des patients. Les protocoles comprennent notamment du cardio, de la gym et du renforcement musculaire ainsi qu’un accompagnement psychologique et des consultations diététiques.

Depuis 7 ans, Jean-Marc Vallier et son collègue, Mathieu Gruet, Maître de conférences à l’UFR Staps, poursuivent des études et mettent en place des protocoles de réhabilitation respiratoire en partenariat avec l’hôpital Renée Sabran (Giens). En partenariat avec l’association Étoiles des neiges, les patients atteints de mucoviscidose peuvent suivre, depuis deux ans, un protocole de télé-réhabilitation.

Coordonné par le Pr Jean-Marc Vallier, Rehab-Covid-19 est issu de l’appel à projet « Recherche-Action Covid-19 », lancé par l’Agence National de Recherche (ANR) en avril dernier, visant à soutenir des travaux de recherche à court terme en lien avec la pandémie. Lors de la troisième vague de labellisation de juin, le comité d’évaluation scientifique de l’appel a retenu 10 projets, parmi les 31 propositions évaluées, pour un accompagnement financier global d’1,067 M€.