Projet MED-GUARD : l’Université de Toulon en première ligne pour protéger les écosystèmes méditerranéens face au changement climatique
Financé à hauteur de 730 000 € par la Fondation BNP Paribas dans le cadre de l’appel à projets « Climate & Biodiversity Initiative » - le plus important programme de mécénat environnemental en France -, le projet MED-GUARD vise à étudier le rôle clé des estuaires souterrains dans la résilience des zones côtières méditerranéennes. Une journée de prélèvement a été organisée le 16 avril 2026 à la plage du Pellegrin (Bormes-les-Mimosas) pour marquer le lancement officiel de cette initiative internationale.
La mer Méditerranée se réchauffe 20% plus rapidement que la moyenne mondiale, ce qui en fait un haut lieu d’étude pour comprendre les effets du réchauffement climatique.
« Les estuaires souterrains, situés à l’interface entre les milieux terrestre et marin, subissent des pressions croissantes liées au changement climatique et aux activités humaines. Bien que leur rôle de filtre naturel soit suspecté, leur fonctionnement et leur importance écologique restent largement méconnus », relève Virginie Sanial, chercheuse à l’Institut Méditerranéen d’Océanologie (MIO) de l’Université de Toulon et porteuse du projet MED-GUARD.
MEDiterranean GroUndwater Adaptation and Resilience to climate change Disturbances vise à déterminer comment les communautés microbiennes de ces estuaires s’adaptent aux perturbations climatiques et si elles jouent un rôle actif dans la bioremédiation des contaminants. Ces recherches pourraient contribuer à développer des stratégies de protection des écosystèmes côtiers, en identifiant des leviers naturels pour limiter l’impact des polluants sur la biodiversité marine.
Porté par Virginie Sanial (chimiste) et Nicolas Gallois (biologiste), le projet MED-GUARD bénéficie d’une expertise reconnue en géochimie et écotoxicologie marines.
Une journée de prélèvement pour lancer trois années de recherche
Le 16 avril 2026, la plage du Pellegrin a accueilli une opération de prélèvement d’échantillons, en présence des sept partenaires internationaux du consortium :
- L’Institut des Sciences de la Mer du Conseil Supérieur de la recherche scientifique espagnol (ICM-CSIC) ;
- La Faculté des sciences "Dhar el Mehraz" de l’Université de Fès (Maroc) ;
- L’Institut Ruđer Bošković (Croatie) ;
- L’institut de Biophysique du Conseil National de Recherche italien (IBF-CNR) ;
- Le Laboratoire de Biodiversité et Biotechnologies microbiennes (LBBM), Unité Mixte de Service et de Recherche de Sorbonne Université, de l’Université de Perpignan Via Domitia et du CNRS ;
- L’Université Autonome de Barcelone ;
- Le Groupe d’Hydrologie souterraine de l’Université Polytechnique de Catalogne.
« Les échantillons, prélevés à différentes salinités, seront analysés pour mesurer les concentrations en métaux, nutriments et contaminants organiques (dont les filtres UV issus des crèmes solaires). Ces données serviront de base aux recherches sur les fonctions de filtration et de bioremédiation des estuaires souterrains », détaille Nicolas Gallois, chercheur au MIO.
D’autres campagnes de prélèvement seront menées sur des sites identifiés autour de la Méditerranée au cours des trois prochaines années.
Mieux comprendre pour mieux agir
Depuis 2010, la Fondation BNP Paribas soutient la recherche sur le climat et la biodiversité en accompagnant des équipes de recherche internationales grâce à son programme « Climate & Biodiversity Initiative ». Ce programme vise à améliorer les connaissances sur les interactions entre le climat et la biodiversité tout en identifiant des leviers d’action pour renforcer la résilience des écosystèmes et des sociétés humaines. Dôtée d’un budget total de 7 millions d’euros sur 3 ans (2026-2028), l’initiative finance et valorise 11 projets de recherche spécifiquement dédiés à l’Océan et aux écosystèmes côtiers, dont MED-GUARD, retenu parmi 160 projets reçus du monde entier.
« Nous associons souvent la recherche scientifique aux découvertes sur des aspects parfois spectaculaires de notre environnements tels que les grands cétacés, des environnements extrêmes, les pôles. Mais, s’intéresser aux micro-environnements qui sont sous nos yeux et font partis de notre quotidien, est primordial. Nous avons été séduits par la pertinence, l’ambition, l’accessibilité et la proximité de ce projet d’étude avec notre vie de tous les jours », souligne Bruno Leroux, responsable pôle Environnement de la Fondation BNP Paribas.
Ce projet positionne l’Université de Toulon comme un acteur clé dans la recherche sur les enjeux climatiques en Méditerranée, au sein d’un consortium scientifique international.









