Étudiante en Master 2 de Droit des étrangers et accompagnatrice d'étudiants en situation de handicap

Justine CIZERON

« Mon engagement me rend plus humaine »

Étudiante en Master 2 de Droit des étrangers à l’Université de Toulon, Justine Cizeron accompagne depuis deux ans une camarade en situation de handicap. Entre entraide, organisation et ouverture aux autres, elle partage avec sincérité une expérience humaine forte, valorisée aujourd’hui par l’Université.

Justine, pouvez-vous nous raconter concrètement en quoi consiste votre engagement ?

Je suis investie auprès de la mission handicap de l’Université de Toulon. Mon rôle est d’accompagner une étudiante qui souffre de dyslexie et de problèmes asthmatiques. Je prends ses notes en cours, je lui envoie des documents propres, je fais des fiches, je lui explique les leçons sous forme de diaporama si besoin. On échange aussi oralement, par message ou en présentiel, pour être sûre qu’elle ait bien compris. L’idée, c’est qu’elle soit prête pour les partiels comme n’importe quel autre étudiant. Cela fait maintenant deux ans que je l’accompagne.

D’où vous vient cette envie d’aider les autres ?

L’envie d’aider, je l’ai depuis longtemps. Depuis la période du Covid, avec deux/trois amis, on aide les personnes âgées : on fait leurs courses, on les accompagne chez le médecin. J’ai fait du baby-sitting aussi. Alors quand une amie m’a parlé d’une étudiante ayant besoin d’un soutien, j’ai tout de suite dit oui. Au début, c’était juste du dépannage mais on s’est bien entendues, j’ai aimé ce qu’on construisait ensemble, et j’ai naturellement poursuivi.

Quels effets cet engagement a-t-il eu sur vous, personnellement ?

Cela me rend plus humaine, je m’ouvre davantage aux gens, cela me permet comprendre leurs problématiques et à mieux les aider. Cette étudiante m’a ouvert l’esprit sur des difficultés liées au handicap dont je n’avais pas conscience. J’essaie de l’aider à avancer avec mes moyens.

Y a-t-il un moment qui vous a particulièrement marquée ?

Oui, pendant les partiels du premier semestre de Master. Son ordinateur a planté, elle a tout perdu. Tous ses cours. Je les avais tous, alors je lui ai tout renvoyé immédiatement. Elle a pu valider son semestre. C’est là qu’on s’est rendu compte de l’importance concrète de mon aide.

Comment avez-vous réussi à gérer cet engagement avec vos études ?

Au début, c’est un peu difficile. Mais avec une bonne organisation, on trouve vite un rythme. Il faut être rigoureuse, c’est sûr. Mais je pense que c’est formateur aussi à ce niveau-là. Je recommande aux étudiants de s’engager. C’est un expérience humaine très enrichissante. On devrait tous en vivre une, au moins une fois, même si ce n’est que pour un semestre. Il faut essayer.

Que représente pour vous la cérémonie de valorisation de l’engagement étudiant organisée par l’Université de Toulon ?

C’est une belle reconnaissance. L’université montre qu’elle voit et comprend que certains étudiants s’investissent en dehors des cours. C’est aussi un message fort : l’engagement compte autant que les résultats académiques. Dans mon cas, la mission handicap a même pu expliquer à l’université que mes éventuelles difficultés venaient aussi du temps que je consacrais à cette aide. C’est rassurant de se sentir soutenue. Et ce certificat, cela peut être aussi un atout supplémentaire dans le monde professionnel, on montre que l’on a aidé des gens, que l’on est engagé en tant qu’étudiant. Ce n’est que du bonus.

Comment avez-vous vécu la procédure pour faire reconnaître votre engagement ?

C’était assez simple. Il fallait rédiger un petit mémoire d’une vingtaine de pages pour présenter ce que j’ai fait, les compétences que j’ai développées, les valeurs que j’ai cultivées. C’est rapide parce que l’on sait ce que l’on a acquis. Franchement, ce n’est pas grand-chose, cela m’a pris un week-end.