Étudiant en licence de Lettres et Sapeur-Pompier

Clément PENAUD

« S’engager, c’est donner du sens à ses études »

Étudiant en licence de Lettres à l’Université de Toulon, Clément Penaud est aussi sapeur-pompier volontaire depuis bientôt trois ans. À l’occasion de la cérémonie de mise à l’honneur de l’engagement étudiant, il revient sur son parcours, ses motivations et la reconnaissance accordée par l’université à ceux qui, comme lui, s’impliquent au service des autres.

Clément, pouvez-vous nous parler de votre parcours et de votre engagement en dehors des études ?

Je suis actuellement en 2e année de licence de Lettres à l’UFR Langues, Lettres et Sciences humaines, sur le campus de La Garde. Et depuis octobre 2022, je suis sapeur-pompier volontaire au centre d’incendie et de secours de Puget-Ville, un petit village du Var de 4500 habitants. Cela fera donc bientôt trois ans que j’exerce cette activité en parallèle de mes études. J’ai participé à une cinquantaine d’interventions jusqu’ici.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous engager dans cette voie ?

C’est un rêve d’enfance. Mon père est lui-même pompier volontaire dans le Var depuis plus de 30 ans. J’ai grandi dans cet univers. Dès que j’ai su parler, je disais que je voulais faire ce métier, j’étais déterminé. J’ai commencé par intégrer l’école des jeunes sapeurs-pompiers à Garéoult, puis j’ai poursuivi en m’engageant officiellement à la caserne de Puget-Ville.

Qu’est-ce que cet engagement vous apporte au quotidien, humainement et personnellement ?

Beaucoup. J’ai appris à gérer des situations d’urgence, à garder mon sang-froid, à m’adapter. Mais surtout, j’ai développé un vrai sens du contact humain. Lors des interventions, on est confronté à des personnes dans des situations souvent difficiles. Il faut savoir écouter, rassurer, réagir vite. C’est une école de la vie. Et bien sûr, cet engagement m’a aussi renforcé physiquement et mentalement.

Y a-t-il une intervention ou un moment qui vous a particulièrement marqué ?

Oui, une intervention qui m’a profondément touché s’est déroulée un 14 juillet. Ce jour-là, on a été appelés en renfort dans un village voisin pour un arrêt cardiaque. Malheureusement, la victime, un ancien pompier volontaire, n’a pas survécu. C’était un moment très fort, à la fois douloureux et symbolique, parce que c’était quelqu’un du métier, un des nôtres. Ce souvenir me suivra longtemps.

Est-ce difficile de concilier un tel engagement avec vos études ?

Ce n’est pas facile, c’est sûr. Il faut de l’organisation, de la rigueur. Parfois, il faut faire des sacrifices. Mais quand on aime ce qu’on fait, on trouve l’équilibre. Et puis, cela m’aide aussi à me structurer dans mes études. Je pense que mon engagement m’a permis de mieux me connaître et de mieux gérer mon temps.

Que représente pour vous la cérémonie de mise à l’honneur de l’engagement étudiant ?

C’est une très belle reconnaissance. Avant, ce genre d’engagement restait dans l’ombre. Aujourd’hui, l’Université de Toulon montre qu’elle reconnaît et valorise ses étudiants engagés, qui donnent de leur temps aux autres, que ce soit comme service civique, réserviste, pompier volontaire ou élu étudiant.. Cela donne du sens à ce que l’on fait, et ça montre aussi une autre image de l’étudiant.

Comment avez-vous vécu la démarche de reconnaissance de votre engagement ?

Très bien. La procédure est simple et accessible. Je recommande vraiment à tous les étudiants engagés de faire la démarche. Au-delà de la bonification sur les notes, c’est surtout une valorisation personnelle, morale, humaine. Ça permet de montrer qui on est, pas seulement comme étudiant, mais comme citoyen engagé.